Réussir le croquis de géo au Bac, c’est pas de la tarte!


    En cartographie, le croquis de synthèse est un exercice « à part », qui demande une bonne maîtrise des techniques de base de la cartographie. L’idée générale est de transposer visuellement, sur un fond de carte, la démarche de la composition/dissertation. Le croquis est donc indissociable de sa légende, qui doit être ordonnée autour de 2 ou 3 grandes parties. Les items, c’est-à-dire les objets ou notions géographiques représentés sur le croquis, sont choisis en fonction de l’intitulé et distribués de façon équilibrée dans les parties de la légende. Il en faut entre 12 et 18 environ, étant entendu que c’est plus la pertinence des items que leur nombre qui fait la qualité du croquis.


    L’exercice est plein de pièges et de difficultés. En particulier:

* C’est un exercice qui demande une réflexion rigoureuse et approfondie pour construire la légende et projeter le croquis. Même si vous vous contentez de recopier un modèle, la bonne méthode pour assimiler et reproduire ce modèle consiste à comprendre comment il a été élaboré.

* Il ne faut pas vouloir tout représenter. L’exhaustivité est incompatible avec la lisibilité du croquis!

* C’est un exercice de précision. Les objets géographiques doivent être mémorisés et situés aussi précisément que possible…

* C’est un exercice graphique. Pour être efficace, le croquis doit respecter des codes visuels, il doit de plus être aussi propre que possible, et, idéalement, beau! Redoutable pour ceux qui n’ont pas validé, en maternelle, la compétence « je sais colorier sans déborder »…


    Les étapes du croquis

       - commencez par élaborer/reproduire la légende

       - a priori, les premiers figurés dessinés sont les figurés ponctuels

       - viennent ensuite les figurés linéaires

       - et enfin les figurés de surface

       - ultime étape, à la fin, la mise en place de la toponymie

    Ce « déroulé », qui correspond à ceux proposés sur le site en format pdf, permet d’éviter les conflits entre figurés. Il est souvent difficile de dessiner un figuré de surface, au crayon ou au feutre, sur un a-plat de couleur au crayon, les deux couleurs se parasitant. L’idée est donc de commencer par ces « petits » figurés, et de faire les a-plats ensuite, en crayonnant autour des figurés plus petits mis en place auparavant. C’est un peu plus long en exécution, mais le résultat est bien plus propre.

    Si vous avez des feutres-peinture (voir la rubrique « outils »), l’ordre peut être différent, il faut vous adapter. Attention, toutefois, à bien laisser sécher les couleurs…!



Fonds de carte Outils retour à la liste des croquis

un peu de théorie…

Cliquez sur les boutons ci-dessous pour réviser les notions de base de la cartographie:

Les variables visuelles les types de données L'implantation

… et de mise en pratique!

Vous avez tous les ingrédients, à vous de faire la cuisine, pour reproduire le moins bêtement possible les modèles qui vous sont proposés, et savoir les adapter au matériel dont vous disposez…    Quelques pistes:


    - Toutes les variables visuelles peuvent s’adapter à toutes les implantations, à une exception près: la taille et l’implantation de surface (sauf dans les cartes par anamorphose, hors-sujet ici)


    - Les variables visuelles peuvent se combiner entre elles, sans limitation, créant ainsi une quasi-infinité de figurés possibles.


    - DANGER: toutes les variables visuelles ne s’adaptent pas à tous les types de données!!! Pour faire simple: les variables qualitatives fonctionnent avec la forme/structure et la couleur; les variables quantitatives fonctionnent avec l’intensité et la taille.


    - On peut « s’arranger » avec les types d’implantation… Sur les croquis « planisphères », vous avez souvent beaucoup d’infos à représenter sur les pays! Ce sont tous des figurés de surface, et on ne peut pas « empiler » plusieurs couleurs de fond ou semis de structures. Mais de petites triches sont admises: on peut ainsi jouer sur le « contour » du pays (cf. les pays enclavés dans le croquis « Afrique », ou les pays pétroliers dans le croquis « Inégale intégration des territoires »); on peut aussi signaler un caractère du pays par un figuré ponctuel (cf. les PMA dans le croquis « Inégale intégration des territoires »); on peut enfin jouer sur la toponymie (cf. Les pays en guerre ou captant des IDE dans le croquis « Afrique »). Ces petites ruses graphiques permettent d’indiquer, pour un même pays/espace jusqu’à 5 ou 6 caractères différents, en préservant de la lisibilité…


    – Certains figurés proposés sur les croquis ne sont pas faciles à faire « à la main »… Par exemple les Etats-ateliers ou bien les Etats en guerre dans le croquis « Inégale intégration des territoires… ». Pour les faire comme sur le modèle, deux solutions: A/ faire les semis de forme d’abord, et passer la couleur de fond ensuite, en tournant autour… Fastidieux!  B/ utiliser un feutre-pinceau (bien plus facile, mais il faut être équipé…)


PS: petite réflexion perso: dans mon mémoire de maîtrise de géographie, un peu avant la fin de la Guerre Froide, pratiquement toutes les cartes étaient faites par ordinateur, en particulier des cartes 3D… Si on m’avait dit, à l’époque, que 25 ans plus tard j’apprendrais aux élèves de la génération Y/Z à faire des cartes à la main, j’aurais pris ça pour une grosse blague!!! La mineure de géo est probablement l’un des derniers espaces-temps du monde développé où on fait encore des cartes à la main, old style… Dans la prochaine définition des épreuves, on reviendra peut-être à la plume sergent-major et à l’encrier pour les compositions, qui sait???


PS bis: dernier espace-temps pour les cartes à la main? Pas tout à fait… Le très pertinent et inspiré Philippe Rekacewicz cultive sa différence en proposant de très élégantes cartes « manuelles ». Sa démarche ne relève pas seulement du dandysme, même si le papier vergé en rajoute un peu! En tout cas, c’est un gros travail, avec beaucoup d’esquisses préparatoires, et ça demande un vrai talent pour l’exécution. Allez voir un exemple ICI!